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politique
Publié le 09/10/2014
Thierry Mariani : Sanctions contre la Russie : sommes-nous en train de devenir l'«arroseur arrosé » ?
 
Communiqué de Thierry Mariani, coprésident de l'Association Dialogue Franco-Russe

Paris, le 9 octobre 2014 - Presqu'un an après le début de la crise ukrainienne, le moment est venu aujourd'hui d'abandonner la politique préjudiciable de sanctions au profit d'une approche lucide et dépassionnée vis-à-vis des partenaires russes, dans les intérêts de l'Europe et de la France.

Loin de faire plier la Russie, c'est l'Union Européenne et les pays la composant qui risquent de se retrouver eux-mêmes victimes de cette politique à courtes vues, dont il conviendrait d'évaluer avec le plus grand réalisme le coût, tant au niveau de l'UE que pour la France, avant de la poursuivre.

Dans l'immédiat, l'Union européenne débloque déjà des aides financières importantes, s'élevant à des centaines de millions d'euros, pour compenser les pertes des agriculteurs face à l'embargo russe. A plus long terme, combien nous coûteront au final les pertes des débouchés de nos entreprises, les places sur le marché russe n'étant pas à vie et d'autres pays n'attendant pas pour prendre les nôtres, devenues vacantes ? Des signaux alarmants viennent également d'ores et déjà de certaines entreprises françaises d'autres secteurs, comme l'usine Sambre et Meuse à Feignies dans le Nord avec plus de 300 employés, un bel et rare exemple d'investissement russe en France, à bout de souffle aujourd'hui suite entre autres aux effets directs des sanctions. Nous savons aussi que des grands groupes français comme Total souffrent de l'impossibilité de travailler normalement en Russie malgré leur désir clairement annoncé.

La crise passera, la Russie restera, et elle gardera à terme un souvenir bien ancré des gouvernements qui auront choisi la voie des sanctions. Il est urgent d'opter pour le dialogue, pour ne pas devenir l'« arroseur arrosé ».